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Jordanie: Declaration du Comite executif du REMDH

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Date: 03-12-2006

Le comité exécutif constate avec inquiétude que les conflits qui frappent les pays du sud de la méditerranée continuent à mettre en péril la sécurité des peuples et constituent un empêchement à tout progrès de la démocratie. La violence quotidienne que subit le peuple palestinien et le refus de reconnaître son droit imprescriptible à un état souverain, conformément aux résolutions des Nations-Unies, pèsent, de manière dramatique, sur l’avenir de la région. Il faut se féliciter de la conclusion d’un cessez le feu à Gaza, et nous appelons toutes les parties a le respecter. Neammoins, le blocus économique infligé à tous les territoires occupés maintient les palestiniens dans une situation humanitaire insupportable. C’est toute la région qui supporte aussi les conséquences du bain de sang qui dévaste l’Irak à la suite de la désastreuse intervention militaire des Etats-Unis. La fin de la guerre du Liban laisse intactes toutes les raisons qui l’ont provoquée en même temps que réapparaissent les risques de conflits internes à ce pays. Le non respect du droit des peuples à leur souveraineté est la première cause de ces situations. Eles ne peuvent que renforcer les régimes autoritaires du sud de la méditerranée.
 
Le comité exécutif du REMDH relève avec inquiétude l’attitude des pays de l’Union Européenne dont l’aide économique, aussi précieuse soit-elle, ne saurait se substituer à un engagement politique fort et unanime en faveur de la democratie, du droit des peuples et du rétablissement de la paix. Un an après le dixième anniversaire de la déclaration de Barcelone, l’effectivité d’un espace de sécurité, de développement et de démocratie reste pourtant un enjeu primordial pour tous les peuples participant au partenariat euro-méditérranéen.
 
Le comité exécutif du REMDH constate que la déclaration des Ministres des Affaires étrangères réunis à Tempere les 27 et 28 novembre 2006 comporte nombre de points qui rejoignent ses préoccupations. Il se félicite de la volonté de « promouvoir une pleine participation des femmes dans la vie politique, économique, civile et sociale ». Il se félicite de la même manière de l’exigence formulée par tous les ministres, du nord et du sud de la méditerranée d’asseoir le développement de la région sur la démocratie et le respect des droits de l’Homme et d’un début de prise en compte des droits économiques et sociaux, notamment quant à la nécessité de garantir des emplois permettant à chacun de vivre dignement. Il souhaite que ces engagements, répétés pour certains depuis plus de dix ans, se traduisent concrètement et rapidement dans la vie des peuples, notamment par une exigence accrue en matière de respect des processus démocratiques et des droits de l’Homme.
Dans cette perspective, le rôle de la société civile, dont une partie s’est réunie en forum à Marrakech, les 4, 5, 6 et novembre 2006, est plus que jamais essentiel. La reconnaissance de son importance lors de la conférence de Tempere doit être soulignée. C’est, en effet, par les sociétés civiles du Nord et du Sud de la méditerranée que passe une meilleure compréhension entre les peuples, mais aussi les progrès de la démocratie et des droits de l’Homme. Ceci implique que soit strictement respectée la liberté d’association ainsi que les differentes formes d’organisation autonome de la société civile dont l’indépendance doit être garantie.
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