Retour au point de départ?
Date: 19-12-2005
Communiqué du REMDH après le 10ème anniversaire du Sommet euro-méditerranéen, Barcelone 27-28 novembre 2005
Retour au point de départ ?
Copenhague, le 19 décembre 2005
Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme exprime sa réelle préoccupation par rapport aux résultats du Sommet des chefs d’Etats à Barcelone les 27 et 28 novembre 2005, à l’occasion du 10ème anniversaire de la Déclaration de Barcelone, adoptée par l’UE et ses partenaires du Sud de la Méditerranée.
La Déclaration de Barcelone a lancé un processus visant à instaurer la paix, la stabilité et la prospérité dans la région Euromed, en engageant les partenaires à agir conformément à la Charte des Nations Unies, à la Déclaration universelle des droits de l’homme et à développer l’Etat de droit et la démocratie dans leurs systèmes politiques,. Elle a aussi reconnu le rôle de la société civile dans le développement du Partenariat.
Toutefois, la plupart des évaluations du processus de Barcelone s’accordent sur le fait que presque aucun progrès n’a été enregistré dans le domaine des droits de l’Homme pendant les dix dernières années et que la reconnaissance du rôle de la société civile est restée faible, en dépit de l’existence de nombreux instruments de promotion et de protection des droits de l’Homme dans le cadre du Partenariat euro-méditerranéen.
Malgré cela, et en dépit de la réaffirmation par les partenaires de leur engagement pour un renforcement de la démocratie et l’amélioration du respect de tous les droits de l’Homme et libertés fondamentales au Sommet de Barcelone, ces déclarations n’ont été suivies que par un nombre très limité d’actions concrètes.
Le REMDH trouve intéressant l´initiative visant à mettre en place une infrastructure financière substantielle destinée à soutenir la réforme, en supposant que cette dernière sera mise en œuvre par des moyens de travail efficaces et substantiels.
Toutefois, le REMDH regrette que les nombreuses contributions de la société civile à l’évaluation du processus de Barcelone et ses recommandations en vue de revigorer le processus de Barcelone ne soient ni reconnues ni prises en considération dans les conclusions du Sommet.
La place de la société civile reste imprécise et est même limitée par la déclaration des partenaires selon laquelle le rôle de la société civile devrait être encouragé dans le cadre de la législation nationale, tout en sachant que la législation dans la plupart des pays du Sud de la Méditerranée est loin d’être au niveau des standards internationaux des droits de l’Homme. Pour que le partenariat prenne tout son sens, c’est avec une société civile indépendante et autonome que les gouvernements doivent engager le dialogue.
Le REMDH estime que le Partenariat euro-méditerranéen dispose des instruments nécessaires pour aller de l’avant en matière de droits de l’Homme. Il exhorte les partenaires à les soutenir en faisant des droits de l’Homme et de la démocratie les priorités absolues pour les dix prochaines années.


